CARNET DE ROUTE
NICE - MONDOVI – VICOFORTE
(ITALIE – PIEMONT)
Déjeuner au restaurant « La Borsarella » - MONDOVI (IT)
La ballade d'aujourd'hui nous mène en Italie plus précisément à MONDOVI et au sanctuaire de VICOFORTE dans le Piémont (Province de CUNEO), dans un paysage de collines des Préalpes italiennes, non loin de la frontière Franco-italienne .
ITINERAIRE, HORAIRES (AUTOCAR) ET KILOMETRAGE,PAR AUTOROUTE:
Général :
ALLER /
Départ esplanade Palais des expositions de Nice
direction A8 Menton Monaco Vintimille 07h50 KM 00
Pause à l'« Autogrill » de CERIALE (Italie) 09h05 KM 108
Départ direction « SAVONA » puis « TORINO (A6) » 09h35
Arrivée MONDOVI PIAZZA (par sortie « MONDOVI ») 10h55 KM 205
N.B. Restaurant « LA BORSARELLA » est situé juste avant l'entrée du village sur la gauche au bord de la départementale à 10 min du marché. On ne peut pas le louper. Pas besoin d'autre repérage. Cuisine raffinée, cadre luxuriant et luxueux, très belle mise en place, œuvres d'art dans les parties communes, immense terrasse et jardins avec vue directe et panoramique sur le village et la campagne alentour.
RETOUR/
Départ de MONDOVI (restaurant) 13h30KM 209
Arrivée au Sanctuaire de VICOFORTE 14h10KM 220
Départ 15h30
Pause « Autogrill » CERIALE 16h55KM 325
Départ 17h15
Arrivée arrêt bus piscine Jean Bouin de Nice 18h45KM 418
N.B. Trafic fluide et route sèche avec bonne visibilité tout du long. Attention ! L'A6 comporte des passages délicats de montagne dans les deux sens avec virages prononcés nécessitant un ralentissement conséquent. Bien signalés.
Détaillé:
De NICE à MONDOVI :
De l'esplanade prendre l'autoroute “A8” direction “Menton/ Monaco/ Vintimille/Gènes” par Nice Est. Franchir la frontière en direction de “GENOVA”.
A SAVONA (Italie), prendre l'autoroute « A6 » direction « TORINO » (Turin). Sortie « MONDOVI ». Suivre direction « MONDOVI » puis « MONDOVI PIAZZA » et enfin « CENTRO » (centre ville). Le chemin est très bien indiqué et n'offre aucune difficulté particulière. Il y a de grands emplacements pour les cars face au marché après le rond point qui en précède l'accès (pont qui enjambe la rivière).
N.B. Pour faire demi tour avec le car en repartant : continuer la rue tout droit sur une centaine de mètres. A l'embranchement prendre à droite. Contourner la place sur laquelle l'on aboutit pour revenir sur ses pas par la gauche. On repasse alors devant le marché. Il suffit de sortir de MONDOVI par là où l'on est entré (direction autoroute A6).
Pour aller au Sanctuaire à partir du restaurant :
Prendre direction « A6 » puis « VICOFORTE » par SP 36. Très bien indiquée. C'est une (très) petite départementale qui offre un magnifique parcours panoramique et bucolique au milieu de la campagne piémontaise jusqu'à VICOFORTE. Aucune difficulté sinon par endroits très étroite. En hiver attention au verglas! Emplacement cars prévu aux abords du sanctuaire. Attention : l'après midi, les boutiques n'ouvrent qu'à 16h00.
Pour le retour :
Je conseille de repartir par MONDOVI en empruntant la SP 28 direction « A6 » à partir du sanctuaire de VICOFORTE de sorte à boucler la boucle et offrir une vision panoramique d'ensemble plus complète de MONDOVI. Ensuite reprendre l'A6 direction “SAVONA” puis l'A8 direction VINTIMILLE/NICE.
LE PAYSAGE :
Le paysage est d'abord méditerranéen. De Nice à Savone, l'autoroute suit la méditerranée tantôt en aplomb, tantôt derrière les collines avec vues sur l'arrière pays, ce qui permet tour à tour d'admirer les couleurs de la mer ainsi que les massifs montagneux du Mercantour et de l'Argentera. De nombreux villages et diverses cultures (fleurs en particuliers) se succèdent. Pins, lauriers, palmiers, oliviers, serres de culture, clochers, églises, villages ramassés aux ruelles étroites, collines en terrasses, ports, criques, baies…
A partir de l'embranchement pour Turin, l'autoroute grimpe vertigineusement à travers la montagne par des tunnels et de hauts viaducs impressionnants. Le paysage se transforme pour laisser place peu à peu à une végétation de moyenne montagne très dense laissant apparaître bocage, villages parsemés et forêts jusqu'à Mondovi.
LA RIVIERA ITALIENNE:
C'est une succession de cités balnéaires très fréquentées par les milanais qui y trouvent non loin le soleil et l'air marin que leur manque tant (Milan et sa banlieue est une ville culturelle, artistique et historique mais elle est devenue au fil des ans très industrielle - 2ème ville d'Italie, chef lieu de la Lombardie), échappant ainsi en quelques heures à peine grâce à l'autoroute - directe - à l'inévitable pollution et densité de circulation qui y règne.
L'on y pratique essentiellement la culture de fleurs - ce qui lui vaut le nom de « RIVIERA DEI FIORI » - mais aussi d'olives (oliveraies et moulins à huile – à découvrir : « OLIO CRESPI » à « CERIANA » ), ainsi qu'un peu de vigne.
San Remo : elle est à l'Italie ce que Cannes est à la France : une ville de festivals dont le plus connu est le festivals de la chanson. Connue aussi pour son marché.
Bussana et Arma di Taggia (juste après San Remo): il s'y trouve des vestiges romains et des peintures des Brea. Le couvent des dominicains de Taggia ainsi que l'Église paroissiale de Bussana valent le détour. A noter par ailleurs : la belle promenade sur front de mer de Bussana à Arma di Taggia, le vieux Bussana (BUSSANA VECCHIA) détruit par un tremblement de terre fin XIXème partiellement reconstruit (visible du Viaduc de l'autoroute après San Remo Est sur la droite au sommet de la colline). Si vous voulez déguster une excellente pizza napolitaine : Pizzeria « La Siesta » à Arma di Taggia, sur le bord de mer. Très bon accueil, produits frais, prix très raisonnables.
Alassio : ville balnéaire dont la rue principale commerçante appelée « Budello » est pittoresque. Joli front de mer surtout la nuit. Particularité : l'île COMACINA à quelques encablures à peine du rivage qui lui fait face.
MONDOVI:
Mondovi trouve son origine au XIIème siècle. Mais il y avait déjà sur ses terres une histoire : les peuplades autochtones ont été romanisées dès le IIème siècle avant l'ère chrétienne un peu comme les celto ligures du comté de NICE mais semble-t-il plus pacifiquement. Puis il y eut les siècles du christianisme (jusqu'au IXème) où la zone fut principalement soumise à l'autorité de l'évêque d'ASTI (N.B. : ASTI, mondialement célèbre pour ses vin « BARBERA » et « ASTI SPUMANTE »). A cette époque pouvoirs temporel et spirituel étaient confondus. Puis ce fut l'invasion par les Sarrasin qui venaient de Provence (Xème siècle) dont le 1er martyr fût San Bernulfo, Saint Patron de MONDOVI (une chapelle y porte son nom et ses restes sont aujourd'hui déposés dans la Cathédrale).
Vint ensuite la période de moyen âge où naquit véritablement MONDOVI, de l'association (avant l'heure) en « communauté d'agglomération » de cinq communes majeures (qui constituent aujourd'hui des quartiers du MONDOVI moderne et qui se distinguent de visu très bien géographiquement) ainsi que d'autres plus petites en rébellion au pouvoir féodal et de celui de l'évêque en place (Asti). Il s'en suivit une très longue période trouble d'autonomie plus ou moins durable, de disparitions même, au grès de conquêtes et reconquêtes des territoires et des alliances dont celles par périodes entrecoupées plus ou moins longues aux ducs d'Anjou et de Savoie.
Il falut attendre le XVème siècle pour voir enfin MONDOVI acquérir un véritable statut reconnu avec un gouvernement propre reconnu et stable. A partir de cette période MONDOVI ne cessa de croître et de se développer culturellement (peinture - université) et économiquement (imprimerie : le premier livre de la région est imprimé à MONDOVI, manufactures diverses liées à l'exploitation de l'eau de la rivière). C'était à cette époque la ville la plus peuplée du Piémont.
Malheureusement, au XVIIème siècle, la violente guerre du sel contre la Savoie - qui décida de supprimer le libre échange et la libre commercialisation du sel en exerçant ainsi un monopole sur la vente et le prix (le sel était une denrée rare, essentielle et luxueuse à l'époque pour la conservation des aliments) - conjuguée à plusieurs famines et épidémies, vint à bout des prétentions de MONDOVI. La « communauté d'agglomérations » se disloqua et chaque commune retrouva son autonomie propre.
Au bénéfice d'un rapprochement avec le Royaume de Sardaigne MONDOVI se fédéra de nouveau dès le XVIIIème siècle; ce fût une période faste : pré industrialisation (tuileries, laineries, soieries, tanneries...), croissance démographique et culturelle...
Le XIXème siècle voit MONDOVI poursuivre son développement et génère même un impact important dans l'histoire du pays. MONDOVI est la terre de Giuseppe MAZZINI co-acteur avec Giuseppe GARIBALDI et CAVOUR de l'unité de l'Italie à travers le « Risorgimento » sous Victor Emmanuel II. L'on peut dire que MAZZINI est à MONDOVI un peu ce que GARIBALDI est à NICE. C'est l'enfant du pays qui a eu une importance sensible sur l'avenir de la nation.
C'est par ailleurs à MONDOVI que Napoléon défait les autrichiens lors d'une bataille décisive qui conduira par la suite à la bataille de MARENGO et à la défaite définitive de l'Empire d'Autriche ainsi qu' à la libération de l'Italie. MONDOVI, avec le Piémont, devint à cette époque française jusqu'à la Restauration (1814). Territoire rendu après Restauration. Par la suite, MONDOVI voit sa notoriété et son industrie se développer (imprimerie, typographie, métallurgie, horlogerie, allumettes…); elle voit naître la première fabrique industrielle de pâtes alimentaires qui feront de l'Italie l'ambassadeur mondial de ce met si savoureux.
Le XXème siècle commença par une activité importante : le cinéma et le théâtre. Mais les migration importantes, vers les États Unis d'Amérique en particulier, ainsi que les deux grandes guerres eurent un impact néfaste sur le développement de la ville et sa population même si elle y survécu; la ville paya ainsi un lourd tribu dans la lutte contre le nazisme dès 1943 (après la signature d'une part de l'armistice et l'institution de la République de Salo – Mussolini - de l'autre, couplé au débarquement des troupes alliées dans le sud de l'Italie, Hitler prit de facto le contrôle des opérations. S'en suivit un accroissement du mouvement de résistance auquel MONDOVI ne s'est pas soustraite. Beaucoup de résistants moururent au front ou en déportation et la ville fut bombardée. La nation, reconnaissante, lui attribua la médaille de bronze militaire.
VICOFORTE :
C'est un sanctuaire d'une richesse architecturale très importante puisqu'il s'y trouve parmi les plus grande coupoles elliptiques du monde après Saint Pierre de Rome et Saint Paul de Londres, desstyle baroque, datant du XVIIIème siècle. Il y a un monastère d'origine cistercienne. Actuellement les soeurs clarissesoccupent les lieux. Il y a la possibilité d'accueil et d'hébergement de pèlerins. C'est un lieu de pèlerinage important qui réunit un million de pèlerins pas an (N.B. : rue du Bac à Paris : 2 millions - Fatima 4,5 millions - Lourdes 6 million).
La tradition locale veut qu'un chasseur ayant tiré par mégarde sur une représentation de la Vierge Marie la vit saigner. Ce fut un miracle et très rapidement la nouvelle se répandit et de nombreuses personnes y vinrent en pèlerinage. Dès le XVIème siècle il s'y construisit un édifice religieux, puis un monastère au XVIIème...
Petit rappel d'histoire de l'art et de spiritualité pour apprécier VICOFORTE:
Le style baroque peut paraître lourd et la dévotion des fidèles hypocrite. Il y a pourtant une raison historique à cela.
Au moyen âge, les constructions cisterciennes (tirées de l'esprit de la Règle de Saint Benoît - Saint Patron de l'Europe - importée des usages des moines orientaux) étaient grandioses mais austères, sans représentation aucune, sinon rares, de Dieu ni de la Vierge; il n'y a avait que la pierre qui comptait. Les imposantes bâtisses étaient là pour rappeler la grandeur de Dieu face à la petitesse de l'homme tout en diminuant les sources de distraction afin que l'homme demeure dans la prière. Grandeur et austérité étaient donc les maîtres mots des architectes de l'époques.
Avec le Baroque, ce fut tout le contraire. L'homme manifestait sa dévotion par la luxure. Si l'on aimait Dieu, il fallait lui consacrer les plus belles choses. Comme un fiancé offrirait la plus belle bague à sa promise D'autre part, sous l'influence du Concile de Trente (Contre réforme à la Réforme protestante : milieu de XVIème siècle), l'Église décidait à cette époque (entre autres) de retourner à l'instruction religieuse de ses fidèles c'est à dire à les catéchiser et exploitait donc la forme d'art figuratif et représentatif comme moyen d'instruction car la population étant à grande majorité analphabète, il fallait des représentations et des images fortes pour enseigner la Bible; d'où une création artistique très prolixe de nombreux peintres dont l'un des meilleurs exemples se trouve à Notre Dame des Fontaines à la Brigue, dans la vallée de la Roya, avec sa célèbre représentation de l'Apocalypse. C'est en quelques sortes l'origine de la catéchèse, du catéchisme, tels que nous les connaissons aujourd'hui, même si la forme, bien entendu, diffère, le Concile Vatican II, ainsi que l'apparition des médias et des nouveaux moyens de communication, étant passés par là. La famille Brea, père et fils, très connue dans la région niçoise et ligure, contribuât de façon non négligeable à cette forme d'expression et de transmission de la foi.
Texte et photos : Paul Baldacchino |