Je suis posé là, quelque part au milieu de nulle part; d'ailleurs peu importe.
A ma gauche, la jetée du port abri; puis la promenade du bord de mer, ses palmiers, ses bancs sur lesquels se prélassent tour à tour retraités embourgeoisés et amoureux assoiffés. Plus loin, la chapelle Saint Pierre; édifice religieux érigé en l'honneur du saint patron des pécheurs du cru. Entre deux, un fast food chinois, dont je me demande ce qu'il vient bien faire par ici tellement il est en totale inadéquation avec l'histoire et l'architecture locales. Au loin se dessine le Cap luxuriant (et luxueux) d'Antibes, précédé de la célèbre Marina Baie des Anges de Villeneuve Loubet.
La mer est calme. Le clapotis de vagues régulier. Il n'y a qu'une bise légère qui rafraîchit tout de même un peu sous le soleil d'Août qui sévit encore à cinq heures du soir.
Je suis harmonieusement ballotté entre deux sons; d'un côté les bruits de la rue : automobiles, vélomoteurs et autres engins motorisés; de l'autre le cri des enfants jouant dans l'eau, des adultes qui les interpellent, des jeunes gens qui chahutent, des mélodies de téléphones portables, du vent qui souffle dans mes oreilles et caresse ma beau brûlée par tant de chaleur.
Oui, le soleil brûle ma peau de cette délicieuse brûlure nonchalante que nous connaissons tous, nous autres du sud! De cette brûlure qui nous abruti autant qu'elle nous nourrit. De cette brûlure qui contraste avec la désormais fraîcheur des galets qui épousent les formes de mon corps engourdi.
Je suis posé là. Engourdi. Les narines pleines de senteurs de coco, de vanille et de mille fleurs dégagées par ces innombrables spray et crèmes anti UV, soit disant ennemis publics numéros Un! (ne réalisez vous pas que si tel était le cas il n'y aurait plus aucun méditerranéen sur terre ?!!!).
Je suis posé là, engourdi après une journée de travail, heureux d'être là tandis que d'autres, après leur travail (lorsqu'ils ont la chance d'en avoir un), croupissent dans leur tour transformée en fournaise du 91. Heureux d'être là. Tout simplement. Et demain? Peu importe demain.
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