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BlogReporter
vendredi 16 mai 2008, a 20:46
A qui le tour ?

Si la Trisomie 21 est un héritage génétique (voir reportage par ailleurs), les accidents de la route, eux, peuvent être évités dans la mesure où 90% ont pour origine une erreur humaine. Il n'y a donc pas de fatalité.

 

Voici pour aujourd'hui un « reportage témoignage » que je vous invite à visionner jusqu'au bout et à partager largement. Ma prise de conscience dans ce domaine remonte à quelques années déjà mais je suis devenu professionnel de la route et je peux vous dire qu'il y a urgence car personne n'est désormais à l'abri et nos saints anges gardiens ne nous éviteront pas toujours le pire… si nous n'y mettons pas, à un moment donné ou à un autre, un peu du nôtre. Tout est une question, justement, de prise de conscience.

 

Visionnez plutôt et partagez ce court reportage dont, je l'espère, vous ne sortirez pas indemne.

 

NDLR Désolé pour la qualité médiocre de certaines images provenant du web.



jeudi 24 avril 2008, a 22:43
le demarrage

Il est long. Il est haut. Il est large.

La porte s'ouvre. Je monte les premières marches qui me conduisent à la cabine de pilotage.

Un tour de clé : le tableau de bord s'illumine de mille et une lumières de couleurs différentes. Mon disque est prêt et inséré dans le « mouchard » en position travail.

Les niveaux sont faits. Les vérifications effectuées.

Contact.

Le moteur vrombit et c'est alors toute la carcasse qui tremble sous l'impulsion des 420 chevaux qui, bientôt, pousseront les 12 tonnes que compte le car. C'est l'un des moments que je préfère. Car ça y est. On y est. On y est vraiment. Une nouvelle mission commence.

Pendant que chauffent les culasses et les pistons, j'effectue un tour d'horizon assez rapide pour me donner une idée de ce qu'il reste à nettoyer et me colle aussitôt à la tâche. En effet, il y a toujours quelque chose à revoir. Les vitres, le sol, l'extérieur, et, parfois aussi, les rouleaux à repasser, les ceintures à mettre en ordre, les rideaux à ranger, les tablettes à relever, les cendriers à finir de vider… Tout doit être propre et donner l'impression au client qu'il est le premier et le seul à être entré dans le car. Tout doit être net, carré, bien ordonné.

J'aime ce moment là. Ce contact charnel avec la bête. Son odeur, ses parfums, ses formes, ses couleurs… cette solitude.

Ce qui m'impressionne, c'est la clim lorsqu'elle se met en marche; je me souviendrais toujours de la première fois que je l'ai allumée, sans le faire exprès. J'étais novice de la chose… J'entendais le bruit d'une turbine comparable à celle d'un hélicoptère qui démarre. Je bondissais hors du car pour voir l'hélicoptère en question; que né ni ! Rien du tout au dehors. C'était la clim! Impressionnant.

Le car est un grand seigneur. C'est Le Seigneur de la route. Il est majestueux, élancé, puissant, démesurément puissant (certains moteurs atteignent 490 chevaux!!!) mais, paradoxalement, il se conduit avec grâce et souplesse. L'idéal est d'atteindre une conduite dite « bateau », c'est-à-dire que le client doit presque oublier la présence du conducteur. Il ne doit rien sentir de la route. Un peu comme pour un bateau qui coule sur les flots, sans à-coups. Cela suppose une conduite rationnelle, beaucoup de concentration, d'anticipation, d'analyse des situations, de prévention. Le test : placer un verre rempli d'eau presque à raz bord sur une tablette et n'en rien renverser de son contenu. Cette conduite relève de l'art. Il y a la technique puis il y a l'âme que l'on y met c‘est à dire la part de soi même que l'on y implique.

La première fois fut une épreuve. Oui. Une épreuve. Car quoi que très bien formé, après une sélection rigoureuse, la première fois, seul aux commandes, sans tuteur, est et demeurera toujours la première fois. C'est énorme. Avoir 400 000 euro et la vie de 50 passagers entre les mains ne s'improvise pas. Il ne faut jamais les perdre de vue. 19 tonnes en charge maxi, 420 chevaux, au mieux 12 mètres de long, 2,55 mètres de large, plus de 3,85 mètres de hauteur lancés sur l'autoroute ou arpentant des pentes abruptes et des routes sinueuses, n'ont rien à voir avec la conduite d‘une voiture. C'est un « monstre » hy tech, une sorte de fusée montée sur roues. Boîte 12 vitesses auto, régulateur de vitesses, suspensions électroniques… que du bonheur à conduire. Sans compter les aménagements qui diffèrent : WC, minibar, carré VIP, couchettes, café espresso, sièges en cuir…

Un autocar, c'est en fait un studio de 35 m² monté sur roues. C'est un peu une deuxième maison dans laquelle l'on peut passer jusqu'à 14 heures par jour…

mardi 27 novembre 2007, a 14:20
tout en un

 

Il est un coin d'Italie qui ne ressemble à nul autre et qui, pourtant, vous en fait faire le tour en quelque dizaine de kilomètres à peine : le lac de Garde.

 

En sortant de Milan, direction Venise, et jusqu'aux abords de Salo (célèbre pour la République mussolinienne qui y fut proclamée lors du dernier conflit mondial), la plaine Lombarde donne toute la dimension de l'Italie du nord, riche, avec ses industries, sa forte concentration urbaine, son réseau routier très chargé, ses cultures industrielles, mais aussi, en arrivant au lac, ses quartiers et résidences bourgeois qui révèlent leurs parcs et leurs splendeurs architecturales au travers de la dense et luxuriante végétation qui arbore habituellement le contours des étendues d'eau transalpines.

 

En remontant la rive droite vers le Nord, quittant les sentiers battus, le paysage se transforme rapidement, laissant apparaître une plaine peuplée de champs d'oliviers à perte de vue au milieu desquels serpente la route sur fond d'herbe brûlée. Le chant de la cigale règne en maître, le soleil plombe avec force l'air ambiant, le vent chaud sèche lèvres et sols, avides d'eau. L'on pourrait aisément se croire ici dans les Pouilles.

 

Un peu plus haut, la corniche frise cette fois, et parfois même traverse, de vertigineuses falaises sauvages, hautes de plusieurs centaines de mètres, qui se jettent directement dans les eaux sombres et profondes du lac. La rive opposée se perçoit à peine; parfois pas du tout. L'on pourrait se croire alors au bord de la Méditerranée, sur la « Costa Amalfitana ». Ce n'est certes pas un hasard si le célébrissime feuilleton télévisuel « l'Odyssée », de Franco Rossi, de la fin des années 60, avec Irène Papas, qui conte l'histoire d'Ulysse et de ses compagnons, fut réalisé, en grande partie, sur le « Garda », comme le nomment les autochtones.

 

Plus haut encore, voilà que l'on bascule, après quelques épingles, dans un tout autre univers. L'aridité cède la place aux pâturages alpins. Des ballots de paille brisent les formes langoureuses des prés surmontés de hautes cimes. L'air est frais. Une ferme auberge propose, dans son restaurant, des plats régionaux consistants et, dans sa boutique, toute sorte de miels, charcuteries, fromages et autres mets succulents des montagnes. L'on passe ainsi, en quelques tours de volant, de la Sicile aux Alpes, de la tenue « short chemisette sandales » à la tenue « pantalon de velours chemise en flanelle chaussures montantes ». 

 

Enfin, redescendant par la rive gauche, c'est-à-dire à l'Est, les cités balnéaires se succèdent unes à unes. Cap plein Sud, hôtels, restaurants, boutiques et plages décrivent une chaîne quasi continue. Les eaux grouillent de baigneurs, d'embarcations à moteur, à voile et de pédalos. Des corps agglutinés, et autres adeptes du bronzage en topless qui lézardent, se déploient sur le rivage. Des promeneurs trimbalent leurs corps huilés en maillot de bain et claquettes, les bras chargés d'objets de plage en tout genre, tandis que d'autres se prélassent à la terrasse d'un bar devant une choppe de bière. La circulation y est très dense et au bout du chemin, un immense par d'attractions, « Gardaland », accueille estivants et résidents pour le plus grand bonheur des amateurs de loisirs à sensation et de divertissements. Et voici que l'on se retrouve alors dans un cadre qui n'est pas sans rappeler, cette fois, celui de la côte adriatique.

 

Ainsi le tour du lac de Garde constitue-t-il un véritable tour d'Italie « miniature ».

 

« Parcourable » en une seule journée, y passer une fin de semaine permettrait, mieux encore, de profiter de toutes ses facettes. Il demeure à ce jour l'un de mes plus beaux souvenirs de voyage (sinon le plus beau).

 

PB

 

dimanche 24 juin 2007, a 18:26
tard dans la nuit

Il est six heures quinze. Terrassé par une nuit de travail harassante et compliquée,  à peine ais-je fini de le nettoyer,  je stationne enfin mon autocar dans l'immense aire de stationnement du dépôt . Je coupe le contact, ferme la porte d'accès et retrouve à cet instant précis, d'un seul coup, le silence, calme et plat, de la campagne niçoise.

A cette heure du jour, les citadins ne sont pas encore en route pour nos montagnes, les routes sont dégagées et je réalise alors que je fais partie du peu de personnes encore réveillée, que je fais partie des privilégiés qui peuvent encore goûter et savourer le lever de soleil sur le Baou de Saint Jeannet, à l'Ouest, site d'escalade connu et reconnu ainsi que sur les cimes du Parc National du Mercantour, au Nord, site de randonneurs et d'alpinistes de réputation mondiale, dans lequel se situe la fameuse Vallée des Merveilles.

Les oiseaux gazouillent tout autour de moi, le coq chante à quelques encablures d'ici et le vent souffle dans les Pins de la forêt voisine. Le reste n'est que silence. Il fait frais.

Je suis fatigué, j'attend avec quelque compréhensible impatience le moment du petit déjeuner que je projette de me préparer, composé de tranches de pain frais tartinées de beurre et de confiture de mûres et trempées dans bon un bol de café au lait bien sucré;  mais je manquerai pour rien au monde ce moment d'éternité sur lequel je m'attarde encore un instant avant de repartir.  La nuit fut dure mais en un instant, tout est oublié, tout est apaisé. Je respire.

dimanche 06 mai 2007, a 09:59
tartines de chèvre chaudes sur lit de mâche

  Vous avez peu de temps à consacrer à la cuisine ce soir car vous êtes fatigué(e)? Vous n'avez pas envie de manger trop sophistiqué ni trop consistant?
Je vous propose aujourd'hui comme recette un plat, idéal pour un plateau repas, qui répondra à toutes ces exigences : les tartines de chèvre chaudes sur lit de mâche aux mille et une saveurs.
quelques tranches de pain de mie
quelques tranches de bûchette de fromage frais de chèvre
de l'huile d'olives extra vierge première pression à froid
du vinaigre balsamique
de la mâche
du sel de Guérande
et tout un tas d'épices et d'aromates de votre choix : poivre concassé, piment, noix de muscade, carvi, herbes de Provence, origan ou sarriette, cumin et même quelques fruits secs ...

Disposez des morceaux de fromage frais sur chaque tartine. Arrosez d'un trait d'huile d'olives. Assaisonnez selon votre goût (oriental, mexicain, provençal, italien...). N'hésitez pas à mettre quelques raisins ou morceaux d' abricot secs.

Passez au grill du four 10 à 15 minutes (jusqu' à ce que les tranches et le fromage soient grillés sur le dessus)

Servez aussitôt sur lit de mâche (ou de mesclun) assaisonnée au balsamique, à l'huile d'olives et au sel de Guérande.

Du vin??? Un petit rouge léger type Côtes de Provence,  Coteaux d'Aix ou Côtes de Luberon. Sinon un Rosé d'Anjou bien frais.
Si vous êtes plutôt bière, une abbaye blonde sera appréciée des plus exigents!

Bon appétit


lundi 12 mars 2007, a 19:33
silence radio

Désolé, chers amis, pour ce silence radio. La raison est simple : devant le manque de perspectives, à court terme, d'embrasser une profession litéraire ou radiophonique correspondant à mes qualités rédactionnelles et d'élocution, je me suis engagé dans une autre  direction, complètement différente, car il s'y trouvait quelqu'un pour m'y tendre la main. Je suis ainsi  actuellement en formation pour passer le titre de "chauffeur de transport en commun interurbain et de voyage" dans le but d'intégrer le transport de tourisme international. Je peux vous dire que c'est ce n'est pas de la tarte; mais il y a à la clé (au minimum) un CDD de 12 mois! Et puis je dois avouer que si je fus surpris par la nouveauté les premiers jours, j'y prends aujourd'hui beaucoup de plaisir.  L'autocar est un engin extraordinaire! J'y passe neuf heures par jour tous les deux jours qui passent comme un instant! Le reste du temps, c'est la théorie (règlementation, mécanique, sécurité, code, commercial, gestion des conflits...). Très intéressant.
Souhaitez moi bonne chance...
PB

PS Je maintiens toujours mes émissions radio sur radio maria!!!  Et il n'est pas dit que de temps en temps je ne trouve le temps pour publier quelques post. Alors... ne m'oubliez pas!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

jeudi 25 janvier 2007, a 08:35
balade en pays de Sospel

Je roulais prestement sur les routes du haut pays mentonnais d'un client à l'autre. Je faisais halte à Sospel, ce splendide village au pont à péage datant du moyen âge, à la cathédrale typiquement baroque dont le pavé de la place est toute en galets, village enclavé jusqu'à peu de temps encore, arrosé par la Bévéra, au pieds du fameux col de Turini, village surplombé par les fortifications de la ligne Maginot, à quelques kilomètres à peine de la frontière italienne.

J'avais l'habitude de parcourir l'arrière pays du département .  Je ne prenais pas toujours le temps de m'attarder sur le paysage, trop soucieux de la prochaine visite que j'avais à faire. Les yeux rivés sur la chaussée, les mains cramponnées au volant, j'avalais les lacets les uns après les autres. Vous savez? ces lacets des routes départementales si particulières de nos belles montagnes qui font le bonheur des amateurs de courses de côte, de rallyes et de sensations fortes en tout genre.

En ces lieux,  le parcours est particulièrement sauvage.  Il n'y a guère que quelques fermes ou granges isolées entre chaque village. La végétation y est touffue,  principalement composée de pins, de châtaigniers et de chênes, le relief escarpé, la route sinueuse.

C'était la première fois pourtant que j'empruntais cet itinéraire. Je roulais ainsi prestement sur cette route du haut pays mentonnais qui mène de Sospel à Moulinet lorsque soudain, au détours d'un virage, je découvris comme par enchantement, sortant d'au milieu de la vallée encaissée,  une construction que je ne m'attendais certes pas à voir en cet endroit. Je lâchais aussitôt l'accélérateur et me garais à proximité. J'oubliais tout : itinéraire, client, quotas... Quel émerveillement que de découvrir au fin fond de ce désert humain une véritable muraille de chine, majestueuse, impériale, tout simplement splendide.  Oui! Il y avait là, devant moi, une muraille de chine qui traversait de part en part la route que j'empruntais et parcourait sur ma droite une crête rocheuse sur des dizaines de mètres. 

Il s'agit en fait d'un long escalier qui enjambe la chaussé et  conduit à une petite chapelle, notre dame de la Menour, se dressant au bord d'un précipice, au dessus de la rivière qui serpente plus bas.

Au milieu de nulle part, cette chapelle n'en était que plus merveilleuse. Je décidais de m'y attarder un peu, de goûter le calme qui y régnait, de respirer les essences de la forêt qui circulaient dans l'air du vallon,  de sentir le vent frais caresser la peau de mon visage. J'imaginais les lieux quelques siècles plus tôt, me demandant comment il était possible, à l'époque, d'y vivre. J'étais surpris, mais bien heureux, d'y être seul.

J'eus bien du mal à m'arracher à mes rêveries, à ce lieu si paisible; mais je du m'y résigner, me promettant d'y revenir un jour .

PB






dimanche 14 janvier 2007, a 21:45
chronique gastronomique

Promenez vous par un beau dimanche d'hiver ensoleillé sur le Port Saint Laurent* lorsque le soleil est au zénith. La brise marine sifflera entre les mats des bateaux, le cliquetis de l'eau sur les coques en mouillage vous ravira les oreilles telle une musique bien cadencée. Le ciel bleu azur ne sera obscurci que par le chant des mouettes à l'affût de quelque bogue égarée au fond des eaux  du port.

L'air y est doux au soleil de midi en cette saison. Certains se hasardent même à exhiber leur dernier maillot de corps ou leur dernière paire de lunettes de soleil.

Vous sentirez à ce moment là, probablement, la faim vous tirailler. Qu'à cela ne tienne. Il y a en ce lieu un restaurant qui ne ressemble à aucun autre. Des photos du Maroc et de grands miroirs ornent ses murs. Il y a, au fond, de larges banquettes confortables où l'on serait vite tenté de se prélasser. Le ton est au vert, comme la couleur de l'étoile du drapeau national.

Laissez vous alors aller sans crainte ni scrupule à vos instincts les plus profonds de gourmandise  dans cette caverne d'Ali Baba gastronomique où vous aurez du mal à trouver un mets qui ne vous convienne pas. Je vous conseille vivement le couscous, véritable spécialité de la fatma, surtout celui au méchoui, qui éveillera en vous toute sorte de sensations nouvelles si vous n'y êtes pas habitué ou  réveillera  certains souvenirs d'enfance lorsque, étant tombé dedans tout  petit, vous n'avez plus retrouvé ces senteurs ni ces goûts spécifiques depuis le départ toujours trop précipité de l' aïeule qui en détenait encore le secret dans la famille telle le dernier des mohicans.

Le San Marino : j'en suis personnellement un adepte inconditionnel bien que sachant le préparer moi même selon la précieuse recette de ma mère née à Tunis. C'est vous dire s'il est excellent ! et à un prix, sommes toutes, on ne peut plus raisonnable.

PB

* Port Saint Laurent, Saint Laurent du Var (06)

Photo Star Photo : droits réservés
(Pour toute utilisation autre que privée merci de me contacter)

dimanche 14 janvier 2007, a 00:27
le tgv niçois

La façade est un magnifique ouvrage de style art déco. Le hall est immense. Le plafond haut. La structure métallique. Une imposante verrière nous met à l'abri des intempéries venues du ciel.  C'est le moment de s'avancer sur le quai où nous attend une vieille micheline diesel d'après guerre qui fonctionne encore à vitesses. Identique, probablement, à celles que conduisait l' oncle Henri.

A l'intérieur le confort est spartiate. Certains passagers sont assis sur des banquettes en bois, d'autres ont eu la chance de s'approprier celles rembourrées et recouvertes de skaï beige. Les bagages se déposent au dessus des places passager dans une sorte de coursive qui longe les baies vitrées par lesquelles il est encore possible de pointer son nez.

Ca y est, c'est le départ. Lentement mais sûrement la micheline avance, vitesse après vitesse. Elle commence son parcours en pleine ville, au beau milieu de la circulation, franchit dès sa sortie de gare un premier croisement qu'elle traverse en se soumettant à la signalisation routière comme n'importe quel autre véhicule.

Le train s'enfonce ensuite peu à peu à travers les collines dans des galeries creusées à même la roche. Au bout d'un long tunnel noir, nous arrivons dans plaine, cette plaine maintes et maintes fois empruntée en automobile. Jamais je n'aurais pu imaginer qu' un simple changement de moyen de transport modifierait à ce point ma perception des choses. Tout ma paraissait nouveau. Je découvrais des lieux à côté desquels je passais habituellement sans crier garde.

Il y avait dans le train un guide qui parlait de faune, de flore, d'architecture, qui  expliquait pourquoi tel endroit porte tel nom, ce qui s'y faisait par le passé et qui insistait sur l'enclavement de la vallée que nous étions sur le point de remonter. J'apprenais par exemple que le détroit du Chaudan s'appelle ainsi parce que l'on y ramassait des galets dans le lit du fleuve pour en faire de la chaux dans les fours devant les ruines desquels passait notre itinéraire.  J'écoutais attentivement, me délectant à l'idée de tout ce que j'allais pouvoir en retenir et de mieux connaître ma région. 

Mais l'un des moments les plus impressionnants fut l'instant où je vis un cyclomoteur dépasser le train en pleine ligne droite. Nous roulions à la vitesse de 40 km à l'heure environ. Il est certain qu'à cette vitesse là, contempler le paysage devient plus aisé.

Le périple se poursuivit en fond de vallée sur quelques dizaines de kilomètres. J'y  découvrais toute sorte d'espèce végétale, les ruines d'un vieux pont bombardé par les américains à la libération, de vielles routes abandonnées et, d'une manière générale,  tout ce que l'on n'a pas le temps de voir lorsque l'on prend la route du ski.

Le train bouge considérablement. Nous sommes tous trimbalés comme des oeufs dans leur emballage cartonné. La voie de chemin de fer, posée sur le ballast selon un système métrique, est ancienne; les rails ne sont pas toujours droit, ni les talus. Ce qui fait de ce train pittoresque un véritable TGV à savoir un Train à Grandes Vibrations...

Et ce train, c'est le petit train des chemins de fer de Provence qui vous mène de Nice à Dignes le bains.

PB

photo provenant du site static.flickr.com

vendredi 12 janvier 2007, a 09:06
excursion en Italie - épisode V

  La rencontre avec François se fait réellement à La Verna, à une centaine de kilomètres au nord d'Assise, autre ermitage où il aimait se rendre parcequ'isolé et suffisamment éloigné de sa terre natale pour que personne ne vienne l'y troubler.

    La Verne est une sorte de gros rocher niché au beau milieu de la  forêt sur lequel les franciscain ont bâti un sanctuaire. Ce monticule possède la particularité d'être coupé en deux. La tradition raconte qu'il se serait ainsi fendu à l'occasion d'une secousse sismique d'une rare amplitude survenue le jour de la mort du Christ en croix. Des études géologiques auraient été menées confirmant la période du séisme. Mais la Verna c'est surtout le lieu où François, toujours d'après la Tradition, reçut les stigmates dans des conditions tout à fait extraordinaires.

    En effet , pour mieux le comprendre il faut savoir que François était depressif. Ceci peut surprendre mais l'information m'a été donnée par un franciscain italien. Je la tiens donc pour véridique. Elle n'enlève rien à sa Sainteté. Ceci ne fait que le démystifier, ce qui le rend encore plus proche de chacun d'entre nous.

    La légende nous rapporte un récit  décrivant une scène de façon prosaïque et édulcorée. Le diable serait apparu à François alors qu'il se trouvait au bord de la falaise et tenta de le jeter dans le vide. François aurait alors plongé les mains dans la roche, qui s'assoupli aussitôt,  au point de lui permettre de s'y accrocher et de ne pas tomber. En fait, selon les "confidences" du Frère en question, cela ne s'est pas tout à fait passé  de cette manière. D'après lui,  l'épisode du gouffre est une tentative de suicide échouée de justesse, le dialble représentant ici les "démons" intérieurs qui nous agitent tous.

    Alors pourquoi avoir voulu attenter à ses jours alors qu'il cheminait depuis des années déjà derrière le Christ? N'est ce pas paradoxal? C'est là tout l'intérêt de l'histoire. Cette question est fondamentale car elle est le lieu où l'on rencontre vraiment François, c'est à dire au coeur de ses enfers,  au coeur de sa croix. Et c'est là que l'on a toutes les chances de pourvoir se trouver soi même.

    En effet,  François connaissait à cette époque de sa vie, c'est à dire quelques années à peine avant sa mort, une épreuve douloureuse : la désobéissance des siens. L'ordre qu'il avait crée lui échappait complètement.  Il dépensait une énergie considérable à essayer de maîtriser le phénomène. En vain. Il ne mangeait plus. Il ne dormais plus. Il pleurait abondamment. Jusqu'au jour où, au fond du gouffre, il comprit que l'ordre des frères mineurs ne lui appartenait pas et qu'il se devait de laisser à Dieu ce qui est à Dieu. Il accepta alors de lâcher prise, de s'appauvrir encore davantage jusqu'à renoncer à toute prétention sur l'institution qu'il avait créée.

    Ainsi François se trouvait t il maintenant véritablement pauvre car dépossédé de tout. Il épousa ce jour la pauvreté totale et radicale : pauvreté matérielle, pauvreté  physique, pauvreté morale, renoncement à tout projet et à toute oeuvre. C'est alors, et seulement alors, qu'il reçu les stigmates, signe de l'adéquation parfaite de sa vie avec celle du Christ. Peu nombreux sont les stigmatisés en Eglise.  C'est en effet la consécration magistrale.

    Voici donc le François que j'ai rencontré lors de mon voyage à Assise et que je tenais à vous faire partager. J'espère que ces quelques modestes lignes, rédigées du mieux possible,  vous auront fait  voyager loin de votre quotidien habituel et vous donneront envie de vous rendre au pays de François, ne serait -t- ce que pour la beauté des lieux que j'ai décrits.

PB

Photo :chapelle à La Verna (Italie)
Star Photo : droits réservés (pour un usage autre que privé, merci de me contacter)

jeudi 11 janvier 2007, a 09:58
EXCURSION EN ITALIE - épisode IV

La descente de l'Eremo delle Carceri est splendide. Elle offre, sous cette nouvelle perspective, une vue imprenable, dans un premier temps sur la plaine puis  sur la Basilique Saint François. Cette dernière est en fait la superposition de trois lieux de culte construits à différentes époques : la crypte, la basilique inférieure et la basilique supérieure. Ils abritent les fameuses peintures du célébrissime Giotto et le tombeau de Saint François.

Il m'est difficile de décrire la sensation que j'éprouvais en entrant dans la crypte où se situe la sépulture de François. C'est comme si, tout à coup, la nuit se faisait lumière. Comme si, tout à coup, je comprenais l'incompréhensible. Vous savez? Un peu comme lorsque vous cherchez à résoudre un problème et qu' après des heures voire des jours de recherche,  soudainement,  une petite lanterne s'allume et vous fait voir la solution telle une évidence. Ne vous exclamez vous pas à ce moment là   : "Mais oui. Bien sûr! Comment n'y ais je pas pensé plus tôt!"

Permettez moi donc de vous livrer ce que je ressentis à ce moment là. J'ai cru y percevoir un chemin à suivre, une route toute tracée; j'ai cru y comprendre que si, d'après les écritures,  le chemin vers la sainteté et la porte du royaume de dieu sont étroits, François en fit un boulevard surplombé de grands lampadaires. C'est comme s'il disait  : "c'est par ici que ça se passe. Pas ailleurs". Au moins pour lui même. Alors parfois, les lampadaires tombent en panne, parfois nous sommes aveuglés et l'on n'y voit plus.

Mais sortons de la crypte et allons à l'étage supérieur où une sculpture m'a particulièrement interpellé. Beaucoup passent devant sans même y prêter attention. Elle est pourtant si belle, si expressive. Il s'agit d'une représentation en bronze de Jésus sur la croix au pied de laquelle se trouve François agenouillé, la tête inclinée vers le sol mais les bras désespérément tendus vers le crucifié. Ce dernier, pourtant souffrant et  a bout de souffle, semble trouver encore la force de tendre un bras curieusement détaché et musclé vers François. Cette oeuvre est vraiment merveilleuse. Elle montre un Jésus toujours prêt à tendre la main, précisément sur la Croix; un Jésus mort (son diaphragme est entièrement rentré, son ventre est creux, son corps meurtri) mais à la fois déjà ressuscité puisqu'il a son bras droit décroché de la croix, un bras fort et puissant.

C'est bien ici que l'on peut commencer à  découvrir le mystère de la vie de François.  François, pauvre, pécheur, faible se retrouvant devant un Jésus encore plus faible qui l'invite à monter sur la Croix et  à vivre, avec lui, après la mort, la résurrection. Un vrai bijoux à la fois artistique et spirituel !

(à suivre ...)

Photo : basilique supérieure Saint François - Assise (Italie)
Star Photo : droits réservés (merci de me contacter pour tout usage autre que privé)




mardi 09 janvier 2007, a 17:15
excursion en Italie - épisode III

Pour espérer comprendre, commençons l'ascension  vers l'Eremo delle Carceri, merveilleux ermitage caché en pleine montagne, à une heure  trente de marche du village, où François aimait à se retirer régulièrement afin d'y trouver la paix et le calme nécessaires au repos et à la prière contemplative. La forêt y est dense; la végétation luxuriante, même en plein été.

Pour s'y rendre commence un parcours assez sportif en raison des nombreux raidillons qui faconnent la route.  Sur le passage, au détours d' une ruelle, l'on apperçoit six moulures scellées à la façade d'une maison. Elles décrivent les deux visites de Pape Jean Paul II à Assise à l'occasion les rencontres pluriconfessionnelles de prière pour la paix qu'il avait suscitées. C'était il y a tout juste vingt ans. Assise : capitale de la Paix.  Ce n'était pas un hasard. François saluait toujours ses interlocuteurs par le très connu "Pax et Bonum" .

La montée vers l'ermitage, et la montée en général, sont tout un symbole. Elles représentent le lâcher prise de nos occupations quotidiennes, le détachement de nos valeurs terrestres, l'effort déployé, pas à pas, pour atteindre un but, pour y rencontrer quelqu'un, pour s'y découvrir. Le paysage est somptueux , tantôt à couvert, tantôt  à découvert et il s'y trouve des  oliveraies aux arbres majestueux sur lesquels sont cueillis ces fruits merveilleux qui donnent un goût inoubliable à l'huile du pays dont elle est extraite. Peu à peu le village s'éloigne, les maisons se font plus petites, la plaine se découvre à perte de vue sous les pieds du promeneur qui, gagnant en altitude, gagne  également en perspective.

Parvenir en ce lieu retiré n'est pas comme arriver n'importe où.  En franchir la porte fait ressentir une présence insoupçonnée, mystérieuse et inexplicable. Accueillis avec réelle gentillesse par les deux moines qui y vivent en permanence, y compris l'hiver sans chauffage, nous avons investi et fouillé les lieux dans les moindres recoins à la recherche de l'invisible.

L'ermitage est construit dans le rocher. Les couloirs sont étroits, les ouvertures minuscules. L'on croirait presque une maison de lilliputiens. L'hiver y est tellement rude et l'été tellement chaud que les bâtisseurs le conçurent ainsi afin de maintenir une température acceptable tout au long de l'année et en limiter les écarts.

Il y a là une pièce particulière : le réfectoire des frères, tout en voûtes,  où François prenait habituellement ses repas. Particulier parcequ'il y a en bout de table une place d'honneur réservée au frère supérieur  laquelle,  pour les franciscain, à une toute autre signification que celle que nous lui accordons.  La différence, fondamentale, consiste à considérer le supérieur de la communauté premier serviteur. Ainsi est-t-il placé en tête de tablée non pour marquer sa supériorité et se faire servir mais pour mieux servir lui-même ses frères. Encore un exemple d'une manière concrète de vivre la radicalité évangélique de saint François qui nous montre tout le chemin à parcourir en termes d'humilité et de pauvreté.

à suivre ...


Photo : chapelle de l'ermitage - Assise (Italie)

Photo GD : droits réservés. Merci de me contacter pour un usage autre que privé.


mardi 09 janvier 2007, a 09:19
excursion en italie - épisode II

  Pour cela il nous faut nous rendre au Village et commencer  par le couvent de San Damiano.

Pourquoi San Damiano?  Parceque c'est en ce lieu que François, selon la Tradition de l'Eglise, y reçut sa vocation. En effet, ce dernier était issu d'une famille bourgeoise très riche. C'était un beau jeune homme, habile guerrier, qui croisait le fer avec l'ennemi juré de Perugia, qui participait aux croisades et qui se voyait promis à un avenir faste et luxueux. Il faisait partie, comme l'on dirait aujourd'hui, de la jeunesse parisienne dorée du XVIème.

Or, les aléas de la vie, que certains nommeront providence,  ont mis un terme à ses projets. Il se retrouva, ni une ni deux,  tour à tour blessé, emprisonné, et malade.  Il eut ainsi le temps de réfléchir. Il eu ainsi le temps de se rendre compte de la fragilité de sa vie. Il eut ainsi le temps de parcourir son fort interne et de réaliser la précarité de son existence; il eut enfin le temps de réaliser à quel point tout l'or et la puissance du monde ne suffiraient à lui en assurer la maîtrise. C'est donc dans cette humilité que François devait en venir à se tourner vers les autres et à  entreprendre de s'occuper peu à peu des plus pauvres, ce qui lui valut de se faire renier pas son père qui le déshérita.  François, mieux que  les aider, se retrouvait à vivre lui même parmi les plus pauvres.

Et San Damiano, dans tout cela?

Parcourant  la campagne par une belle journée qu'il me plait à imaginer  ensoleillée au printemps, le nouveau Poverello entra dans une chapelle en ruine dans laquelle se trouvait le crucifix byzantin qui deviendra plus tard le symbole franciscain. Alors qu'il priait à genoux devant cette croix, il entendit une voix lui demander de reconstruire  l'Eglise. Il prit ce message à la lettre, réuni quelques compagnons et se mit aussitôt au labeur. Il découvrira plus tard que cette mission de reconstruction était toute autre : celle d'un renouveau spirituel et non matériel.

Partons donc sur les chemins de la belle Toscane pour découvrir ou redécouvrir Assise et François, et tenter de percer le mystère  de ce choix radical.

(à suivre)

Photo : cloître du couvent de san Damiano
Star Photo droits réservés (pour toute usage autre que privé merci de me contacter)

dimanche 07 janvier 2007, a 17:09
excursion en Italie - épisode 1

Ceci est le récit du voyage que je fis à Assise en Juillet 2005 avec un groupe de paroissiens de la paroisse Bienheureux Amédée IX de Savoie, petite paroisse de trois communes de l'arrière pays niçois (La Trinité - Drap - Cantaron), dans la basse vallée du Paillon, sur la route du Col de Nice et de Turini (ce dernier rendu célèbre par la fameuse étape du Rallye de Monte Carlo), vallée desservant d'autres villages pittoresques et typiques tels que Peille, Peillon, Coaraze, Lucéram.

Il faut savoir que partir pour Assise,  c'est partir vers un pays, l'Italie, à la fois berceau et  bastion du christianisme en Europe occidentale, immense par sa culture et  son histoire, généreux par sa gastronomie et ses paysages aux multiples facettes, chaleureux par l'accueil que réservent ses habitants au voyageur.

Que partir pour Assise, c'est, sur son chemin,  croiser des lieux prestigieux tels que les carrières de marbre de Carrare, mondialement connu; que c'est traverser Florence, au romantisme difficilement égalable; que  c'est parcourir les bords du Lac Trasimeno, où les Romains subirent une défaite cuisante face à l'envahisseur Annibal, aux tous premiers siècles de notre ère.

Mais il faut savoir aussi que partir pour Assise, c'est également partir vers l'inconnu, qui réserve autant d'heureuses surprises que celle de la rencontre de l'être aimé.

Tout commence à Santa Maria degli Angeli (Notre Dame des Anges), à la fois hameau et magnifique basilique baroque située à cinq kilomètres du vieil Assise, dans une large vallée. C'est en ce lieu que François d'Assise, saint catholique, personnage ayant vécu à cheval entre les XIIème et XIIIème siècles, avait établi son "quartier général" au lieu dit "les baraques" où il édifia une toute petite chapelle,  "la porziuncola",  aujourd'hui recouverte par la grande basilique Santa Maria degli Angeli aux dimensions dantesques. Devant cette église s'érige par ailleurs un somptueux calice en fer forgé haut de plusieurs mètres qui ajoute autant de magnificence à la place.

Mais qui est donc ce François d'Assise qui semble appeler des centaines de milliers de pèlerins et de touristes à quitter leurs régions ou pays lointains, bravant fatigue et kilomètres pour certains, afin de venir l'y rencontrer. Qui est cet homme étrange tellement proche de la nature qu'il parlait, selon la tradition, aux animaux?

(suite demain)

Photo : le parvis de Santa Maria Degli Angeli - Assise (Italie)

Photo "Star Photo" : droits réservés (pour un usage autre que purement privé, merci de me contacter)



mercredi 03 janvier 2007, a 20:23
la fête

Imaginez  un  peu. Juste un peu. Fermez les yeux.

    Vous êtes sur une route de campagne "bien de chez nous", comme l'on en voit souvent dans les reportages du célébrissime journal télévisé de Jean Pierre Pernaut.  Le soleil est haut dans le ciel. C'est l'été. Le Ciel est bleu azur. Seuls un ou deux  gros nuages blancs (vous savez ? ceux qui ressemblent à des moutons),  flirtent encore avec la flèche du clocher de l'Eglise du Village que vous traversez. Quelques badauds s'affairent ça et là.  Vous y croisez un chien qui vagabonde. Vous portez votre regard sur les façades de ces maisons anciennes construites en Tuffau, la pierre du pays reconnaissable entre mille.

    Dès après les dernières habitations, vous vous retrouvez plongés dans un océan de champs de blés bien mûrs balayés par la bise dont le seul point de repère est la route qui vous précède. Vous vous croyez perdus dans cet immense désert azur et or. Vous roulez des kilomètres durant sans rencontrer âme qui vive. 

    Puis soudain, comme surgissant de nulle part,  un panneau indicateur, le seul! savamment bricolé avec les moyens du bord, vous rassure et vous montre que vous êtes bien arrivés à destination. Un champ a été fauché juste là pour faire office de parking public; champ dans lequel vous pénétrez pour y laissez votre véhicule.

    Mais toujours peu de monde à l'horizon. Il y a là, tout près, un corps de ferme dont les haut murs  ne permettent pas de voir ce qu'il s'y déroule ni même à un quelconque son, qui aurait pu vous éclairer, de s'en échapper. Tel un château fort, il vous faudra attendre d'en franchir le portail pour être aspiré et envoûté par la liesse populaire qui s'y propage. Manèges, jeux divers, buvettes animées, musique, danse, chant... tout est à la fête. Jamais vous n'auriez pu, ne serait-ce qu' un instant, imaginer être happé par un tel débordement de joie et de convivialité. Le Bonnezeau et d'autres merveilleux vins de Loire coulent à flots, les enfants courent ou font du manège, les plus grands chantent à tue tête et dansent. D'autres ont entamé le parcours dégustation des vins de Loire offert par les vignerons du cru, munis du verre  qu'ils ont acheté trois fois rien pour l'occasion. D'autres encore sont attablés et dégustent avec délectation une savoureuse fricassée de coquelet au Bonnezeau accompagnée de sa julienne de légumes.

    Vous l'avez bien compris. Il y a comme une saveur de Grand Meaulnes dans ce récit. Et pourtant tout ceci, quoique féerique, est bien réel. C'est ce que vous pouvez vivre en pays de Loire du côté de Thouarcé, non loin d'Angers et de son célèbre Château médiéval.

    Ah, douceur Angevine, quand tu nous tiens...

    PB
 

mardi 02 janvier 2007, a 16:07
cotignac (83-France)

Cotignac : petit village pittoresque du Centre Var, à 20 kilomètres de Brignoles et 147 à peine de Nice. Il peut être visité en toute saison. D'un accès facile, il est possible de s'y rendre par l'autoroute; mais les plus beaux parcours passent par Lorgues, Carcès ou encore par le Thoronet.  Ainsi, en prenant par l'intérieur, le printemps vous fera découvrir les senteurs de la Provence et la vigne verte, l'été vous accompagnera du chant de la cigale, l'automne vous parera de ses couleurs de feu et l'hiver vous installera dans un calme bucolique et profond.

Cotignac : c'est vraiment un village à part. Il s'y concentrent au même endroit tellement de beauté, d'ingéniosité et d'histoire qu'il ne vous laissera pas insensibles.

Car Cotignac, c'est d'abord un village provençal, avec ses fontaines, son cours et sa grand place bordés de platanes, son pressoir à olives, ses ruelles étroites et sinueuses, ses vieux murs, ses cafés qui fleurent bon le pastis, et sa boulangerie traditionnelle. Tout en flânant, vous y croiserez la boutique d'un producteur  de miel qui vous fera déguster mille sorte de douceurs, en allant du miel de pin au miel de châtaigner; vous y rencontrerez un écrivain hors normes, personnage haut en couleur qui ne garde pas sa langue dans sa poche et vous présentera les encyclopédies qu'il a rédigées et dessinées entièrement de sa main à l'encre de chine; vous y trouverez enfin une coopérative viticole dont il sort un vin rosé qui vous ravira le palais et fera le bonheur des amateurs.

Cotignac : c'est aussi un village troglodyte, avec ses cavernes et ses maisons taillées dans le roc, avec son jardin des plantes au pied de la falaise.

Cotignac : c'est encore un peu d'histoire de France. La légende rapporte qu'un religieux, Frère Fiacre, suite à une apparition, alla annoncer à Sa Majesté le Roi Louis XIII que la Reine Anne d'Autriche, son épouse, allait enfin donner naissance à l'héritier qu'elle attendait tant : le futur Roi Louis XIV. Ce dernier, dénommé aussi "Le Roy Soleil", se rendit par la suite en pèlerinage à Cotignac avec sa Cour et sa royale mère pour remercier la Sainte Vierge pour cette grâce accordée.

Car Cotignac, c'est également un sanctuaire haut perché sur un petit monticule qui domine la vallée de l'Argens. Le point de vue sur les Maures y est incomparable.

Tenu par les Frères de Saint Jean, soutenu par la prière des soeurs contemplatives de Saint Jean, installées  à proximité, il accueille chaque année des milliers de pèlerins venus de tous les coins de France. La Tradition veut que la Vierge Marie et Saint Joseph y soient apparus ce qui en fait, pour les catholiques, un lieu unique en son genre dédié à la Sainte Famille. La Sainte Vierge portant un enfant serait apparue au XVIème siècle à un bûcheron, Jean de la Beaume, et lui demanda de faire édifier en ce lieu une église pour que l'on vienne y prier Notre Dame de Grâces.

A partir du sanctuaire commence ensuite un chemin qui traverse la campagne et vous mène, après quatre kilomètres de marche au milieu des oliviers et des vignes, à Saint Joseph du Bessillon où coule une source dite "miraculeuse". C'est en ce lieu qu'à son tour, cent quarante et une années plus tard, Saint Joseph apparut, toujours selon la Tradition, à un jeune berger assoiffé, lui demandant de soulever un rocher et qu'une source fraîche et abondante se mit à jaillir, jamais tarie depuis ce temps.

A ne pas manquer enfin, en contrebas du sanctuaire, le magnifique oratoire, tout en pierres de taille, du foyer J.M.J. (Jésus Marie Joseph), foyer d'accueil de pèlerins et de passants, construit par des jeunes gens à partir d'une vielle ruine.

Mais la liste des merveilles de Cotignac n'est pas exhaustive. A chacun d'aller y trouver celles qui manqueraient à ce modeste aperçu.

PB

liens utiles :
http://www.tourisme.fr/office-de-tourisme/cotignac.htm

Photo : PB droits réservés (merci de me contacter si vous voulez en faire un usage autre que purement privé)


Présentation
Sous les vocables d' « écrivain public » ou "reporter" , qui peuvent paraître prétentieux, se déclinent en fait plusieurs identités. L'un comme l'autre désignent, en quelque sorte, l'homme à tout faire de la libre expression et de la communication orale, écrite ou visuelle. Ainsi m'arrive t il de porter aussi bien la "casquette" de blogueur que celle de chroniqueur animateur à la radio et même celle d'organisateur d'évènements.

De niveau "études supérieures" en français, de formation hôtelière et juridique, j'exerce à l'heure actuelle ces activités à titre purement bénévole; tout d'abord par pur plaisir mais également pour continuer d'apprendre, toujours et encore, et me faire connaître peu à peu par le bouche à oreilles en espérant, peu être un jour, "La" rencontre qui change la donne.

Je suis donc en mesure d'écrire pour vous un article ou une simple chronique sur votre ville, d'animer une émission, de concevoir et coordonner un évènement, comme je le fis au cours de ces dernières années avec un réel succès auprès d'associations diverses (Téléthon, Fondation Jérôme Lejeune, Radio Maria France...)

Mon métier ? J'étais Clerc Principal dans une Etude d'Huissiers de Justice sur la Côte d'azur. Après deux ans de chômage et une nécessaire et salutaire reconversion, j'embrasse aujourd'hui la profession de conducteur de tourisme, pour laquelle j'ai obtenu le titre au printemps 2007, profession qui n'est pas sans rapport avec mes aptitudes ni ma démarche intellectuelle.

Ainsi, en attendant de visiter votre lieu de vie ou de villégiature préférés, j'espère que tout un chacun prendra plaisir à se balader au fil des pages que je vous propose de parcourir.

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Paul Baldacchino alias Christian Fontenay

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